L’ école internationale SIM s’est tenue à Paris (du 4 au 6 novembre 2025), accueillie par l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Cet événement de trois jours a réuni les diplômés des formations SIM, des représentants d’entreprises, des partenaires de projets et des parties prenantes invitées pour participer à un programme comprenant :
Après des mois de préparation, de mise en œuvre et d’évaluation dans cinq pays, cette rencontre internationale a permis de faire le point sur les réalisations, d’harmoniser les méthodologies et d’envisager l’avenir du profil SIM. Elle marque l’étape finale de la mise en œuvre du programme SIM et constitue le point de départ d’une plateforme européenne continue de coopération, d’apprentissage et d’échange.
Plongez au cœur de notre journal de bord de l’événement de la SIM International School ci-dessous.
La première génération de gestionnaires d’impact social, un nouveau parcours professionnel européen alliant affaires, éthique et responsabilité sociale, s’est réunie avec ses partenaires de projet le 4 novembre 2025 à la Maison de l’Europe à Paris, chaleureusement accueillie par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
La journée a débuté par deux ateliers et tables rondes stimulants. La professeure Maryline Filippi, de la BSA et de l’INRAE Paris-Saclay, a présenté une intervention intitulée « Au-delà de la RSE : définir et mettre en œuvre la responsabilité territoriale des entreprises (RTE) » , démontrant comment les entreprises peuvent ancrer leur responsabilité sociale dans des partenariats locaux et le développement régional. Muriel Noureau, cofondatrice d’Ezytail, a ensuite animé une conférence intitulée « Quand la responsabilité sociale et locale stimule la croissance » , partageant une analyse convaincante de la manière dont les entreprises peuvent prospérer en plaçant l’humain et la raison d’être au cœur de leurs préoccupations.
L’après-midi, sept projets de coopération ont été présentés par des diplômés ayant suivi la formation nationale SIM dans leurs pays respectifs. Chaque projet, unique en son genre, a été élaboré grâce à une collaboration entre apprenants, entreprises et partenaires communautaires, et chacun s’attaquait à un défi différent, qu’il soit personnel ou professionnel. Certains projets sont déjà opérationnels, tandis que d’autres sont encore à l’étude. Tous partagent la même ambition : créer des liens entre les personnes, les entreprises et la communauté pour un impact social durable.
Parmi elles, StartHer (Italie), qui s’attaque au défi de l’accès au crédit pour les femmes entrepreneures, et VitaWin (France), qui renforce les liens entre les écoles et les PME locales. En Grèce, le Donation Network a démontré comment l’expertise logistique pouvait améliorer les systèmes nationaux de dons, tandis que Early Detection for Brighter Vision (Croatie) a présenté une initiative à impact social axée sur la prévention du glaucome. Growing Together (Italie) a mesuré la valeur communautaire du projet agricole Orto 3, Be2cation et KIY (Autriche) ont exploré l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’apprentissage et le travail auprès des jeunes, et Life Cycle, Cycle of Opportunities (Grèce) a démontré comment les pratiques de l’économie circulaire peuvent favoriser l’inclusion et développer les compétences vertes.
Avec une telle créativité présente, l’atmosphère était naturellement stimulante, empreinte de curiosité et de collaboration. Les questions pointues posées par les enseignants, les entreprises et les décideurs politiques ont porté sur la théorie, la pratique et l’applicabilité de chaque modèle économique, mais chaque intervenant a su y répondre avec assurance et clarté.
La deuxième journée de l’École internationale SIM s’est déroulée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 12 place du Panthéon, 75005 Paris, dans un cadre imprégné de tradition académique et d’engagement civique. Depuis des siècles, l’Université est un lieu où le savoir rencontre la vie publique, où les idées sont confrontées au dialogue et où l’apprentissage est indissociable de la responsabilité sociale. Offrant une vue imprenable sur le Panthéon, le lieu a constitué un cadre idéal pour cette nouvelle journée d’échanges, de découvertes et de collaborations.
La matinée a débuté par une nouvelle série de présentations de projets par le deuxième groupe de participants au programme SIM, chacun présentant un modèle d’affaires élaboré dans le cadre des formations nationales. La diversité des idées a une fois de plus démontré la pertinence et l’adaptabilité du profil de gestionnaire d’impact social.
En France, le projet « Reconnaître l’engagement, amplifier l’impact : le label TE et IP » a examiné comment les systèmes de reconnaissance peuvent récompenser un engagement social authentique. En Italie, le projet « Aligner les valeurs sur l’action » a exploré comment Epson intègre la diversité, l’équité et l’inclusion dans sa stratégie d’entreprise. En Grèce, le projet « La durabilité des villes fortifiées et des établissements traditionnels » a abordé les défis de l’adaptation au changement climatique et de la préservation du patrimoine. En Croatie, le projet « Faites confiance à vos yeux » a poursuivi l’accent mis sur la santé oculaire et le bien-être communautaire. Une deuxième initiative française, « Transformer le chômage en opportunité » , a montré comment les partenariats locaux peuvent mobiliser des réseaux pour un emploi inclusif. En Autriche, FEM Med a présenté de nouvelles approches pour renforcer la collaboration entre les professionnels de la santé et les projets à impact social.
L’après-midi a été marquée par deux tables rondes stimulantes qui ont établi un lien entre les pratiques d’entreprise et l’innovation territoriale.
La table ronde « Dynamiser l’innovation et la croissance des entreprises grâce aux projets sociaux territoriaux » était animée par François Rouvier , fondateur et directeur du Chêne Conseil. Parmi les intervenants figuraient Cesare De Palma (De Palma Thermofluid, Italie), Ivan Prudky (DIP Society for Research and Support, République tchèque), Aris Tufexis (Université de Milan-Bicocca, Italie) et Nenad Vretenar (Université de Rijeka, Croatie). Ensemble, ils ont exploré comment les entreprises, accompagnées par des responsables de l’impact social, peuvent concevoir et déployer des projets renforçant l’ancrage local et générant une valeur tangible pour les communautés.
La table ronde « Partenariats stratégiques et gestion des canaux : renforcer l’impact social par la collaboration » était animée par Yann Ulliac , ancien directeur de l’Observatoire des partenariats du Rameau. Les intervenants étaient Charles-Benoît Heidsieck (Président-fondateur du Rameau), Hrvoje Katunar (EFRI, Croatie), Peter Marckhgott (die Berater, Autriche), Marina Stanojevic Vecerina (Laboratoire Jadran Galenski, Croatie) et Konstantinos Styliaras (SBE, Grèce). Les discussions ont porté sur la manière dont des alliances solides et des partenariats coordonnés peuvent amplifier l’innovation sociale tout en assurant la pérennité des entreprises.
La journée s’est conclue par une croisière en groupe sur la Seine, une soirée inoubliable d’échanges et de partage avec la Tour Eiffel et Notre-Dame en toile de fond. Ce fut une belle conclusion à une journée qui a su capturer l’esprit européen de curiosité, de collaboration et de responsabilité sociale.
Le troisième jour de l’ école internationale SIM a conduit les participants au siège d’ Up Coop , l’une des coopératives les plus respectées de France et un leader international reconnu en matière d’innovation sociale. Fondée en 1964, Up Coop est aujourd’hui présente dans plus de 25 pays et emploie plus de 3 200 personnes, illustrant ainsi comment une coopérative peut atteindre une grande envergure tout en restant profondément ancrée dans sa mission sociale.
Les participants et les partenaires ont été chaleureusement accueillis par l’équipe d’Up Coop et ont découvert l’histoire, la structure et les valeurs de l’organisation, l’accent étant mis sur l’équilibre entre performance financière et gouvernance démocratique, afin de garantir que les employés, les communautés et les clients bénéficient tous de la valeur créée.
Le participant a découvert le rôle d’Up Coop dans la gestion des titres-repas. Apparus en France dans les années 1960, les titres-repas ne constituent pas, en France comme dans de nombreux autres pays européens, une forme d’aide sociale au sens traditionnel du terme. Il s’agit d’un avantage social fiscalement avantageux, un mécanisme ingénieux qui allie bien-être social et incitation économique.
Up Coop joue un rôle essentiel dans le bien-être social et la vie économique des pays où elle opère, en proposant des services adaptés à chaque écosystème local. Sa force réside dans la collaboration locale : elle travaille avec les municipalités, les syndicats, les entreprises et les associations pour concevoir des solutions répondant aux besoins socio-économiques réels. Pour les participants au programme SIM, cette approche faisait écho à l’essence même du rôle de gestionnaire d’impact social : comprendre les réalités locales, créer des liens entre les différents secteurs et traduire les valeurs partagées en actions concrètes.
La COVID-19 a rendu l’innovation sociale plus nécessaire que jamais. Nous avons constaté comment, pendant la pandémie, Up Coop s’est rapidement adaptée aux bons numériques et aux nouveaux modèles de distribution, maintenant ainsi l’accès aux services alimentaires et préservant les emplois alors que de nombreux secteurs étaient sous pression. Cette réactivité montre comment agilité et solidarité peuvent se renforcer mutuellement, une leçon qui a particulièrement marqué les participants au SIM, dont le rôle est de promouvoir ce même équilibre entre mission et performance au sein de leurs propres organisations.
Toujours à la pointe de l’innovation, les chèques bien-être (et services associés) constituent une branche plus récente des activités d’Up Coop. S’appuyant sur la même logique coopérative que les titres-restaurant, ils permettent aux employeurs de favoriser l’accès de leurs employés à des activités et services qui améliorent leur qualité de vie, tels que le sport, la culture, la garde d’enfants, la mobilité durable ou les programmes de santé et de bien-être. Pour les participants au programme SIM, ce fut une illustration éloquente de la manière dont un modèle économique peut contribuer à la résilience économique et sociale.
Les syndicats jouent également un rôle central dans la gouvernance d’Up Coop. En tant que copropriétaires et membres actifs de la coopérative, leurs représentants participent aux décisions stratégiques, à la répartition des bénéfices et au dialogue social. Ce modèle de propriété partagée garantit que les perspectives des travailleurs restent au cœur de la stratégie d’entreprise et que la solidarité et l’inclusion demeurent essentielles à ses activités.
Tout au long de la visite, les participants ont réfléchi à la parfaite adéquation du rôle de responsable de l’impact social avec cette approche, faisant le lien (un des concepts clés du projet SIM) entre stratégie d’entreprise et valeur sociale, intégrant la prise de décision éthique aux structures et veillant à ce que performance et raison d’être progressent de concert. Même dans le métro, les conversations se sont poursuivies ; un flot de réflexions, de nouvelles amitiés et de projets griffonnés entre les stations. Quelques sourires fatigués, beaucoup de rires et le sentiment partagé qu’un projet important était en train de se concrétiser. Les participants ont comparé leurs impressions, partagé leurs principaux enseignements et imaginé comment appliquer ce qu’ils avaient vu chez Up Coop au sein de leurs propres organisations et communautés.
Alors que l’ école internationale SIM touchait à sa fin, un sentiment de satisfaction discrète et de fierté partagée régnait. Trois jours intenses et stimulants avaient permis de concrétiser des idées. Ce qui avait commencé lors de formations nationales prend désormais vie grâce à cette première génération de gestionnaires d’impact social, qui mettent déjà en pratique leurs acquis. Avant de se séparer, plusieurs participants ont enregistré de courtes vidéos de réflexion, empreintes de sincérité, de profondeur et d’enthousiasme.
Découvrez les témoignages de nos participants et partenaires ici : Vidéos – Responsable de l’impact social